Capture d’écran 2015-04-06 à 23

Richard Kadrey est un auteur américain connu pour Métrophage ou Kamikaze l’amour, tous deux publiés en France. Avec  Butcher Bird, il sort de son genre fétiche qu’est la science-fiction, pour nous proposer un récit haut en couleur qui mêle grotesque, fantasy urbaine et action débridée.

Lors d’une soirée bien arrosée, Spyder se retrouve face à un agresseur musclé ayant l’allure d’un démon. Impuissant face à cette brute disproportionnée, il est sur le point de se faire ratatiner. C’est à ce moment que Pie-Grièche, jeune femme aveugle croisée plus tôt dans la soirée, le sauve d’un coup de canne-épée. Il n’a cependant pas le temps de la remercier, étant trop occupé à se demander si tout cela n’est pas une hallucination liée aux vapeurs de l’alcool, qu’elle s’est évanouie dans la nuit. Cependant, le lendemain, ses blessures le rappellent à la réalité. L’amertume du rendez-vous manqué se confirme lorsqu’il sort de chez lui, découvrant par la même occasion des créatures effrayantes peuplant sa ville, créatures qu’il n’avait jamais pu voir jusqu’à présent. Il devient alors victime de toutes sortes de manipulations malveillantes de la part de forces obscures, puisqu’il « sait », maintenant. Afin de trouver des réponses à ses questions, il va alors tenter de retrouver cette ravissante et mystérieuse Pie-Grièche ; celle qui lui a offert le cadeau empoisonné d’ouvrir les yeux sur le vrai monde qui l’entoure…

L’univers de Richard Kadrey est riche de détails sollicitant l’imaginaire et permettant au lecteur d’être imprégné d’une véritable magie littéraire. Les créatures que l’on croise tout comme les « Sphères » spatio-temporelles que l’on traverse, attisent le plaisir de s’imprégner de l’histoire. La narration, très visuelle, se lie au style décalé de l’auteur pour nous plonger dans un monde totalement déjanté.

L’éternelle guerre entre le bien et le mal est un sujet maintes fois exploité et qui peine à se renouveler. Richard Kadrey ne parvient pas non plus à se détacher de la surenchère avec Butcher Bird, nous proposant une fin trop rapide ; celle-ci contraste trop avec le rythme général du récit, plutôt lent. En conséquence, le lecteur reste sur sa faim et c’est bien dommage, étant donné la qualité globale du roman. 

 

Fanny L.