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Lorsque je suis tombée sur le livre de Bukowski Contes de la folie ordinaire dans la bibliothèque de mon mec rubrique "livres appartenant à mon ex", j'ai été attirée par la quatrième de couverture (au-delà du concept de rivalité féminine bien évidemment!). Le nom de Bukowski ne m'était pas inconnu mais je ne situais pas tout à fait le registre, autant dire que je n'ai pas été déçue ! 

En effet, chez Bukowski, il est toujours question d'alcool, de femmes, de sexe, et d'écriture aussi, évidemment... Tous ces sujets réunis et accompagnés d'un style "underground" ont un écho terriblement actuel; les problématiques de ce livre traversent les époques, les cultures mais aussi les médiums artistiques. Dans l'art en général, il est toujours question de repousser les limites du réel pour se poser dans un univers instable mais fictif, sauf que chez Bukowski, on a l'impression de se retrouver en badtrip constamment. Ses nouvelles commencent plutôt bien mais virent très vite au délirium tremens; il offre au lecteur un retour brutal à la réalité qu'il nous force à observer, non sans un certain voyeurisme, tandis que lui délire, tout court. 

Ainsi, dans ces contes de la folie ordinaire, il se met en scène dans son quotidien d'homme usé, blasé, alcoolisé. On ne sait comment vient la création, on ne sait vraiment ce qu'il représente cet homme d'ailleurs hormis le fait qu'il se pose comme un quelqu'un de marginal, victime d'une société bien trop obtuse. Ses écrits sont des errances dans ce monde, des pans de cette vie qui oscille entre différentes déviances qui l'aident à survivre et à créer. Il nous parle de ses rencontres avec des femmes, avec des collborateurs, de ses déboires avec l'alcool donc, mais aussi indubitablement, de la société dans laquelle il (sur)vit.Il dérange, il questionne, il se rue dans les brancards et nous offre un coup d'oeil assez pessimiste... et c'est d'ailleurs difficile d'emmettre un jugement sur ses écrits : j'ai eu l'impression que Bukowski était un "must read" après l'avoir lu mais je ne sais pas vraiment pourquoi... (ça vaudrait certainement le coup de lire d'autres ouvrages de lui pour affiner mon jugement.)

Un ouvrage qui n'a pas pris une ride donc, dans un style très contemporain qui nous fait penser aux personnages sulfureux de Bret Easton Ellis ou encore à Hank Moody, cet écrivain péchu de la série Californication (il serait d'ailleurs inspiré de Bukowski). On découvre un processus de création littéraire dilué dans de l'éthanol, et rien que pour ça, ça vaut le coup d'oeil !